Amputation des crédits du programme 150 dans le projet de loi de finances 2020 Une mesure délétère à l’ aube des débats sur la loi de programmation pluriannuelle pour la recherche

Le 28 octobre dernier, lors de l’examen des crédits de l’ESR à l’Assemblée Nationale, des députés de la majorité et de l’opposition ont déposé plusieurs amendements visant à amputer de 20 millions d’euros les crédits du programme 150 au profit de Bpifrance. Ces amendements ont été approuvés en dépit de l’avis défavorable de la Ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

Les crédits initiaux prévus pour le programme 150, en augmentation de 175 millions d’euros, se trouvaient déjà être en deçà des attentes des universités au regard de l’augmentation constante du nombre d’étudiants et des réformes programmées notamment sur la première année des études en santé.

A l’aube des débats autour de la loi de programmation pluriannuelle pour la recherche, cette amputation des crédits est un signal alarmant envoyé par les députés aux universités en préférant financer la recherche privée plutôt que d’investir dans l’enseignement supérieur et la recherche publics.

Est-il nécessaire de rappeler aux députés qu’un euro investi dans la recherche publique génère 5 euros de retombées économiques et qu’un emploi créé dans les universités en génère 3 en France ?[1]

Les crédits alloués au programme 150 ne sont pas un coût pour l’économie française mais bien un investissement qu’il convient de faire progresser et non d’amputer si la France souhaite garder sa place dans la compétition de la recherche à l’international.

[1] BiGGAR Economics « Contribution économique de la CURIF », 2016

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